< Question biblique tirée du livre d’Esdras

Q : Dans Esdras 1:1, qui a écrit ce livre ?

R : Le livre d’Esdras ne le précise pas directement. Esdras était un scribe érudit, et il est très probable qu’il ait rédigé ce livre entre 456 av. J.-C. et 444 av. J.-C. L’emploi de la première personne dans Esdras 7 à 10 indique qu’il s’agit d’Esdras, bien qu’il soit possible que certaines parties aient été rédigées par quelqu’un d’autre par la suite.

Les styles des livres des Chroniques et d'Esdras sont similaires ; il se pourrait donc qu'Esdras ait rédigé les deux ouvrages.

On considère généralement que certains événements relatés dans le livre d'Esdras sont antérieurs à ceux du livre de Néhémie, tandis que d'autres se sont déroulés à la même époque. D'un autre côté, Néhémie 3, 1 indique que lorsque Néhémie se trouvait à Jérusalem, le grand prêtre était Éliaschib, tandis qu'Esdras 10, 6 précise qu'Esdras se rendit dans la chambre de Jehohanan, fils d'Éliaschib. Cependant, Esdras 10, 6 ne mentionne nulle part qu'Éliaschib était le grand prêtre au moment où Esdras se rendit dans sa chambre.

Certains critiques libéraux affirment qu’Esdras et Néhémie ont été rédigés bien plus tard, à l’époque d’Alexandre le Grand (vers 330 av. J.-C.), car Néhémie 12, 11 et 22 mentionnent Jaddua, et qu’à l’époque d’Alexandre, il existait un grand prêtre portant ce nom. Cependant, il ne s’agit pas nécessairement du même Jaddua. Il est plus probable que le Jaddua postérieur ait été un petit-fils du premier (à l’instar des noms Tobie et Artaxerxès). De même, on pense que Josèphe s’est trompé concernant la période perse, car il y eut deux rois nommés Artaxerxès et deux nommés Darius.

Q : Dans Esdras 1,1-10,44, quelles sont les particularités intéressantes de ce livre ?

R : Environ un quart du livre est rédigé dans ce qu’on appelle l’« araméen impérial » (versets 4,7-6,18 et 7,12-26), qui correspond principalement aux documents officiels. Le livre de Daniel est également rédigé à la fois en hébreu et en araméen. Le livre d’Esdras compte au total 280 versets, dont seulement 109 sont narratifs, 44 sont des lettres et 10 sont des prières. Il comporte 111 versets consacrés au recensement des personnes. Les deux premiers versets d’Esdras sont identiques aux deux derniers versets de 2 Chroniques. Esdras 2 et Néhémie 7 sont pratiquement identiques. (Donc, si vous souhaitez mémoriser les Écritures et en tirer un double bénéfice…). Cela amène certaines personnes à penser que le même auteur a rédigé le livre d’Esdras et le 2e livre des Chroniques. Mais un scénario plus probable est que le 2e livre des Chroniques ait été écrit après le livre d’Esdras, et qu’Esdras ait été l’une des sources utilisées par le chroniqueur.

Q : Concernant le livre d’Esdras, quels manuscrits de cette période sont-ils conservés aujourd’hui ?

R : Outre la Bible, il existe un certain nombre d’écrits grecs et autres, mais cette réponse ne porte que sur les écrits physiques que les archéologues ont effectivement retrouvés et qui sont conservés aujourd’hui. En voici quelques-uns, datant de 850 av. J.-C. jusqu’à environ 400 av. J.-C.

La pierre de Moab. (850 av. J.-C.)

À Deir Alla, dans la vallée du Jourdain, un exercice d’écriture d’un écolier mentionne à trois reprises Balaam, fils de Beor. Il a été daté au radiocarbone entre 800 et 760 av. J.-C.

Textes de Salmanazar III (836 av. J.-C.) en Assyrie. Mention des peuples des Mèdes et des Tubalites.

Textes de Sargon (732 av. J.-C.) en Assyrie. Mention du peuple des Tubal.

Textes de Sargon II (722-705 av. J.-C.)

Les «Paroles d’Ahiqar» en assyrien (700-400 av. J.-C., en araméen et peut-être en akkadien) (une traduction anglaise figure dans *The Old Testament Pseudepigrapha*, volume 2, p. 494-507).

De nombreux autres documents assyriens

De nombreux documents babyloniens

La stèle de Behistun en Perse

Copie en araméen de l'inscription de Behistun sur l'île d'Éléphantine, au sud de l'Égypte

La copie babylonienne sur colonne de l'inscription de Behistun

Le cylindre de Cyrus (vers 538 av. J.-C.). Vous pouvez en voir une illustration dans le Rose Book of Charts, Maps & Time Lines, p. 78.

Dans les papyrus d’Éléphantine (Cowley n° 21), Darius ordonne aux Juifs qui s’y trouvent de célébrer la Fête des pains sans levain. Voir The Expositor’s Bible Commentary, p. 649.

Papyri d’Éléphantine, Cowley n° 30 (407 av. J.-C.). Lettre dictée par Jedaniah à Bagohi, gouverneur de Juda, demandant de l’aide pour la reconstruction du temple de « YHW » à Éléphantine. Cette lettre mentionne les fils de Sanballat [sn’blt], appelé gouverneur de Samarie. Elle a été datée par l’auteur du 25 novembre 407 av. J.-C. Les Égyptiens et le gouverneur perse Vidranga ont détruit le temple d’Éléphantine en 419 av. J.-C.

Les papyrus samaritains de Wadi ed-Daliyeh (WDSP 11 recto 13) mentionnent Sanballat [sn’blt].

Ostraca de l’île d’Éléphantine.

Documents bancaires de Murashu à Nippur. Ces textes mentionnent les noms de 2 500 personnes, dont 70 sont juives.

Papyri samaritains

Un mémorandum de Bagoas, gouverneur perse de Juda.

Plus de 30 tablettes à Suse et une tablette à Borsippa mentionnent jusqu’à quatre fonctionnaires perses nommés « Marduku » ou « Marduka ».

Deux inscriptions murales dans des grottes situées à 11 miles à l’ouest d’Amman, en Jordanie, mentionnent « Tobiah » en araméen. (De 590 av. J.-C. jusqu’à 200 av. J.-C.)

Q : Dans le livre d’Esdras, quel est le plan général de cet ouvrage ?

R : Voici un aperçu général.

1-6 Retour et reconstruction du Temple

..1-2 Le retour sous Zorobabel (538 av. J.-C.)

… 1 Le décret de Cyrus et les préparatifs

….2 La liste des 50 000 rapatriés

..3-6 La reconstruction du Temple

….3 Construction de l’autel et des fondations du Temple

….4 L’opposition sous Cyrus, Assuérus et Artaxerxès

…5 Nouvelle opposition sous Darius

…6 Achèvement du Temple sous Darius

7-10 Retour et reconstruction de la communauté

..7-8 Le retour sous Esdras (458 av. J.-C.)

….7 Le décret d’Artaxerxès Ier

….8 Liste des 4 000 à 5 000 rapatriés et de leur voyage

..9-10 Reconstruction de la communauté

.…9 Les mariages mixtes et la prière d’Esdras

.…10 La confession et l’alliance du peuple

Q : Dans Esdras 1, 1-10, 44, pourquoi tout ce contenu a-t-il été inclus dans le livre d’Esdras ?

R : Les Écritures ne le précisent pas. Certains estiment qu’on aurait pu y inclure moins de détails. D’un autre côté, on aurait pu ajouter davantage de détails, voire des documents. Mais il semble que la raison principale pour laquelle Esdras a inclus ces éléments soit de démontrer et de documenter la manière dont Dieu a accompli Sa prophétie visant à ramener les Juifs dans la Terre Promise après les soixante-dix ans de captivité.

Q : Dans Esdras 1, 1, pourquoi cette année est-elle appelée « la première année de Cyrus, roi de Perse », alors qu’il était déjà roi de Perse avant la conquête de Babylone, comme le mentionne le Guide de la Bible d’Asimov, p. 435 ?

R : Cyrus devint roi d’Anshan en 559 av. J.-C. et roi des Mèdes ainsi que des Perses en 550 av. J.-C. Cependant, il s’agissait de la première année de son règne sur ce vaste empire comprenant Babylone et la Perse. William H. Shea a étudié les plus de 400 passages où Cyrus se voyait attribuer un titre, et dans 90 % des cas, il était appelé « roi de Babylone, roi des terres ». Le cylindre de Cyrus désigne Cyrus comme « roi du monde, grand roi, roi légitime, roi de Babylone, roi de Sumer et d’Akkad, roi des quatre coins (de la Terre) ». Shea a également constaté que Cyrus fut d’abord appelé « roi des terres » au début de l’année 538 av. J.-C., mais qu’il ne fut désigné « roi de Babylone, roi des terres » qu’à la fin de cette même année. Il estime que cela s’explique par le fait que le gouverneur, Gubaru, portait le titre de roi de Babylone jusqu’à sa mort cette année-là.

Tout comme un duc qui devient roi considère que sa première année correspond à son règne et non à sa fonction de duc, la première année de Cyrus est comptée à partir du moment où il était empereur de l’Empire. « L’Empire » comprenait Babylone parmi ses capitales.

Q : Dans Esdras 1:1, les 70 ans pourraient-ils faire référence à la durée de l’Empire babylonien, ou à celle du Temple, comme le suggère le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 436-437, 449 ?

R : Cela fait référence à la durée pendant laquelle Juda a été assujetti à Babylone. Voyons d’abord précisément ce qu’affirme la Bible, puis ce que l’histoire confirme.

Jérémie 25, 11-12 et 29, 10, 16 affirment :

1) Le pays de Juda deviendrait un désert, et ses habitants seraient asservis à Babylone pendant soixante-dix ans.

2) Au bout de 70 ans, la Babylonie serait punie (Jérémie 25, 12)

3) Jérémie 29, 10 ajoute qu’au bout de 70 ans, les exilés reviendraient.

4) Jérémie 29, 16 précise que tout le monde ne partirait pas en exil.

Bien qu’il ne soit pas dit que Jérusalem serait totalement détruite, on pourrait le déduire. Cependant, la durée de la destruction de Jérusalem n’est pas précisée. C’est la soumission à Babylone, et non la destruction de Jérusalem, qui, selon la prophétie, devait durer soixante-dix ans.

Historiquement, Juda a été sous la domination de Babylone de 605 av. J.-C. à 538 av. J.-C., soit environ 68 de nos années. Cependant, les prophéties étaient formulées en termes d’année religieuse lunaire, qui comptait 360 jours.

Q : Dans Esdras 1:1, l’exil proprement dit n’a-t-il duré que 49 ans, de 587/586 à 538 av. J.-C., comme l’affirme le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 436 ?

R : De nombreuses personnes ont été exilées en 605 av. J.-C. pour la durée totale de 70 ans. La situation est compliquée par le fait que d’autres n’ont été exilées que pendant 49 ans. Quoi qu’il en soit, la prophétie prévoyait que Juda servirait Babylone pendant 70 ans.

Q : Dans Esdras 1, 1-4, pourquoi le roi perse a-t-il décidé d’aider les Juifs à ce moment-là ?

R : La raison ultime est que Dieu a poussé Cyrus à agir ainsi. De plus, non seulement le roi perse a autorisé les Juifs à rentrer chez eux, mais l’archéologue Rassam a mis au jour ce qu’on appelle « le cylindre de Cyrus », sur lequel Cyrus a consigné sa prise de Babylone et décrété que d’autres peuples pouvaient eux aussi rentrer chez eux. Rien ne prouve que Cyrus croyait au vrai Dieu ; il a plutôt utilisé le nom divin en parlant des Juifs, tout comme il utilisait les noms d’autres dieux en parlant des autres peuples.

Le Cylindre de Cyrus dit notamment : « Que tous les dieux que j’ai réinstallés dans leurs villes sacrées demandent chaque jour à Bel et à Nebo de m’accorder une longue vie. » (Bel et Nebo étaient des dieux babyloniens.)

Q : Dans Esdras 1:1-4, que dit d’autre le Cylindre de Cyrus ?

R : Julius Wellhausen, critique biblique du XIXe siècle, ainsi que de nombreux autres, doutaient qu’il y ait jamais eu de décret autorisant le retour des Juifs dans leur patrie. Cependant, le cylindre de Cyrus a été découvert par Rassam en 1879 ; on en trouve une photographie sur cette même page. Le cylindre de Cyrus était avant tout un outil de propagande utilisé par Cyrus pour montrer aux Babyloniens qu’il était leur ami, et non pas simplement un conquérant à combattre. Cyrus se désignait lui-même comme « roi du monde, grand roi, roi légitime, roi de Babylone, roi de Sumer et d’Akkad, roi des quatre coins [de la Terre] » (p. 89). On y lit également : « Lorsque, bien disposé, je suis entré dans Babylone, j’ai établi le siège de mon pouvoir dans le palais royal, au milieu de la jubilation et de la liesse. Marduk, le grand dieu, a incité les habitants au grand cœur de Babylone à… m’accueillir. Je m’efforçais chaque jour de l’adorer [Marduk]. Mes nombreuses troupes se déplaçaient sans être dérangées au cœur de Babylone. Je n’ai permis à personne de semer la terreur dans le pays de [Sumer] et d’Akkad. J’ai veillé aux besoins de Babylone et de tous ses sanctuaires afin de favoriser leur bien-être. » (p. 87) Il affirme également que Cyrus entra dans la ville « sans combat ni bataille ». Cela est vrai, car Cyrus entra dans la ville 17 jours après que les Perses eurent lancé une attaque surprise et s’en furent emparés.

Le Cylindre de Cyrus dit également à propos des peuples exilés : « J’ai (également) rassemblé leurs anciens habitants et leur ai rendu leurs demeures. » (p. 91)

Q : Dans Esdras 1, 5-11, pourquoi le roi perse s’est-il montré si généreux en fournissant de l’or et de l’argent à Esdras ?

R : Les Écritures donnent une raison et laissent à peine entrevoir une deuxième raison probable.

Premièrement, Esdras 1:7 indique que parmi les objets rendus par le roi figuraient les objets du temple qui avaient été pris aux Israélites par les Babyloniens. Les conquérants emportaient généralement les idoles des peuples conquis, mais comme il n’y avait pas d’idoles à Jérusalem, ils emportèrent à la place le mobilier du temple. Le Cylindre de Cyrus, qui relate le moment où les Perses renvoyèrent les peuples captifs chez eux, mentionne également qu’ils leur rendirent leurs dieux.

Deuxièmement, Esdras 1:6 indique, de manière quelque peu mystérieuse, que les voisins des rapatriés « les ont soutenus » (BSB), conformément au décret du roi mentionné dans Esdras 1:4 selon lequel ils devaient « être aidés par les hommes de cette région avec de l’argent, de l’or, des biens et du bétail » (BSB). Pourquoi le roi aurait-il souhaité cela ? Pour le comprendre, il faut examiner la situation politique de l’époque.

Le roi Darius Ier était le père de Xerxès Ier et l’époux d’Esther. Xerxès Ier fut assassiné dans sa chambre à coucher par Artabanus, commandant de la garde royale, en 465 av. J.-C. Le roi mentionné dans Esdras, Artaxerxès Ier, était le troisième fils de Xerxès et d’Amestris. Il n’avait alors que 18 ans. Mais cette année-là, Artaxerxès parvint à tuer Artabanus ainsi que l’un de ses frères aînés, nommé Darius, et à vaincre son autre frère aîné, Hystaspès, au combat. Cependant, une révolte en Égypte (460-454 av. J.-C.), soutenue par 200 navires grecs, éclata peu après. Mégabize, le satrape perse de Syrie, vainquit les rebelles égyptiens en 454 av. J.-C., promettant la clémence au chef des rebelles égyptiens, Inarus. Malheureusement, Inarus fut empalé sur ordre de la reine Amestris, mère d’Artaxerxès Ier, ce qui poussa Mégabize à se révolter. Au milieu de tous ces événements, en 458 av. J.-C., le roi encouragea Esdras et d’autres exilés à retourner à Jérusalem. Le roi perse souhaitait disposer d’un État-tampon loyal à l’est de l’Égypte et au sud de la Syrie. Il est donc logique, comme le montrent Esdras 1:4-6, que le roi perse ait voulu que les rapatriés soient « soutenus » (BSB).

Q : Dans Esdras 1, 5-11, que devriez-vous faire si une généreuse bénédiction vous tombait inopinément entre les mains ?

R : Bien sûr, louez et remerciez Dieu pour cela, mais il y a plus encore. Faites savoir aux autres ce que Dieu a fait. Vous pouvez également vous demander si Dieu ne vous a pas accordé cette bénédiction dans un but précis. Peut-être vous a-t-elle été donnée afin que vous soyez en mesure d’aider les autres. Soyez toutefois prudent ; vous pourriez vous retrouver avec beaucoup de nouveaux « amis », mais pas nécessairement de véritables amis.

Q : Dans Esdras 1:8, que signifient les noms de ces Juifs ?

R : Mithredath signifie « donné par Mithra ». Mithra était un dieu perse majeur du côté du bien. Zorobabel signifie « semence de Babylone », où il est né.

Sheshbazzar est un nom non hébreu dont la signification est incertaine. Il s’agissait peut-être d’un autre nom pour Shenazar, qui était le quatrième fils de Jéconiah (1 Chroniques3:18 ), l’ancien roi de Juda, et donc un oncle de Zorobabel. Cela expliquerait pourquoi Sheshbazzar était appelé le prince de Juda.

Certains pensent que Sheshbazzar pourrait être un autre nom de Zorobabel. Cependant, il ne serait pas très logique d’avoir deux noms non hébreux. D’autres pensent que Sheshbazzar pourrait être un autre nom de Shealtiel, qui serait apparemment mort peu après la pose des fondations. Il se pourrait également que Sheshbazzar ait été le gouverneur des Juifs juste avant Zorobabel, et qu’à la mort de Sheshbazzar, Zorobabel ait pris la relève. De plus, Sheshbazzar n’est probablement pas Zorobabel, car Zorobabel, fils de Shealtiel, est mentionné dans Esdras 5:2, tandis que Sheshbazzar, prince de Juda, est mentionné au passé comme ayant posé les fondations du temple dans Esdras 5:16.

Q : Dans Esdras 1, 9-10, pourquoi le total des objets mentionnés, soit 2 499, ne correspond-il pas au nombre total d’objets en or et en argent, soit 5 400, indiqué dans1:11 ?

R : La liste ne comprend que des plats, des casseroles (?), des bols et d’autres objets importants. Le total général, qui inclut peut-être des morceaux cassés, comprend des objets non répertoriés. La différence entre les chiffres est trop importante pour qu’il s’agisse simplement d’une erreur typographique.

Q : Dans Esdras 2, 1-70, les Juifs ont-ils prospéré sous le règne des Perses ?

R : Oui. Outre la Bible, nous disposons de témoignages extra-bibliques indiquant qu’ils s’en sortaient plutôt bien.

Il existe de nombreuses tablettes d’argile provenant de Nippur et appartenant à de riches banquiers appelés « Murashu et Fils », qui prêtaient de l’argent. Leurs textes mentionnent les noms de 2 500 personnes, dont 70 sont juives. Il est intéressant de noter que ces tablettes montrent que bon nombre de ces Juifs portaient à la fois des noms juifs et non juifs. De plus, on a trouvé des Juifs dans 28 des 200 colonies situées autour de Nippur.

Il existait une garnison militaire juive près d’Assouan, dans le sud de l’Égypte, et ses membres avaient construit un temple/une synagogue dédié(e) à « Yaho ».

De nombreux Juifs vivaient sur l’île d’Éléphantine, dans le sud de l’Égypte, selon des papyrus et des ostraca en araméen qui mentionnent le sabbat et la Pâque. Dans le papyrus Cowley n° 21, Darius II ordonna à la colonie juive de l’île d’Éléphantine d’observer la fête des pains sans levain.

Q : Dans Esdras 2, quelle était la population estimée des Israélites avant leur exil ?

R : Au VIIIe siècle, on estime qu’il y avait entre 500 000 et 700 000 Israélites dans le royaume du Nord et entre 220 000 et 300 000 Israélites en Juda.

Q : Dans Esdras 2, étant donné qu’on estime qu’entre 1,5 et 3 millions d’Israélites et de Juifs étaient dispersés dans l’Empire perse, pourquoi seulement environ 50 000 personnes sont-elles revenues à Jérusalem ?

R : La plupart étaient désobéissants et ne voulaient pas revenir, même si quelques-uns étaient peut-être des esclaves et n’avaient pas le choix. Esdras lui-même reconnaissait qu’ils ne constituaient qu’un petit reste dans Esdras 9, 15. Les Israélites avaient été exilés plus de 200 ans auparavant, et presque tous s’étaient assimilés et avaient perdu leur identité nationale. Le Guide de la Bible d’Asimov, p. 437, souligne avec perspicacité que « le fait qu’ils aient fait don d’objets de valeur pour aider ceux qui prévoyaient d’entreprendre le voyage indique qu’ils étaient raisonnablement aisés et qu’ils ne voyaient peut-être pas l’intérêt de quitter un endroit où ils prospéraient et se sentaient en sécurité, et où ils se sentaient désormais chez eux ». En réalité, les rapatriés n’occupaient qu’un territoire d’environ 25 miles du nord au sud et 32 miles d’est en ouest, dont un tiers était désertique.

Nous savons également que de nombreux Juifs étaient prospères grâce aux tablettes de Murashu. Il s’agissait d’environ 730 tablettes d’argile consignant des prêts accordés par un banquier de Nippur nommé Murashu ainsi que par ses fils. Environ 60 noms juifs apparaissent comme débiteurs de Murashu.

Bien sûr, il est généreux de la part des Juifs qui avaient choisi de rester d’avoir fait des dons d’argent à ceux qui rentraient chez eux. Cependant, Dieu ne voulait pas de leurs dons ; Dieu voulait qu’ils rentrent eux-mêmes chez eux.

Q : Dans Esdras 2, combien de temps fallait-il pour voyager de Babylone à Jérusalem ?

R : Il fallait compter environ quatre mois. Cependant, Esdras n’en fait pas mention, car l’accent était mis sur la reconstruction, et non sur les difficultés du retour.

Q : Dans Esdras 2,1-70, quelles sont les différences de chiffres par rapport à Néhémie 7,7-72 ?

R : Voici les deux listes et leurs différences. La question suivante aborde les raisons de ces différences.

Clans

Esdras

Néhémie

Différence

Parosh

2 172

2 172

0

Shephatiah

372

372

0

Arah

775

652

-123

Pahath-Moab

2 812

2 818

2 à 8

Élam

1 254

1 254

0

Zattu

945

845

9 à 8

Zaccai

760

760

0

Binnui/Bani

642

648

2 à 6

Bebai

623

628

3 à 8

Azgad

1 222

2 322

+1 100

Adonikam

666

667

6 à 7

Bigvai

2 056

2 067

56 à 67

Adin

454

655

4x4 à 6x5

Ater

98

98

0

Hashum

223

328

+105

Bezai

323

324

3 à 4

Jorah/Hariph

112

112

(commande)

Gabaon / Gibbar

95

95

-

Bethléem et Netophah

123+56

188

Ajout +9

Anathoth

128

128

0

Azmaveth

42

42

0

Kiriath-Jearim, Kephirah, Beeroth

743

743

0

Rama et Guéba

621

621

0

Micmash

122

122

0

Béthel et Aï

223

123

2 à 1

Autres Nebo

52

52

0

Magbish

156

-

Omission

Autres régions d'Élam

1 254

1 254

0

Harim

320

320

0

Lod, Hadid, Ono

725

721

5 à 1

Jéricho

345

345

(commande)

Senaah

3 630

3 930

6 à 9

Jedaiah

973

973

0

Immer

1 052

1 052

0

Pashhur

1 247

1 247

0

Harim

1 017

1 017

0

Jeshua

74

74

0

Asaph

128

148

2 à 4

Les gardiens

139

138

9 à 8

Serviteurs du temple

392

392

0

Origine incertaine

652

642

5 à 4

Total

42 360

42 360

0

Personnel de service

7 337

7 337

0

Catégorie

Esdras

Néhémie

Différence

Chanteurs

200

245

+45

Chevaux

736

736

0

Mules

245

245

0

Chameaux

435

435

0

Ânes

6 720

6 720

0

Drachmes

61 000

1 000 + 20 000 + 20 000

-20 000

Vêtements

100

530 + 67

+497

Minas

5 000

2 200 + 2 000

-600

(Il y a également 50 coupes dans Néhémie.)

Le livre apocryphe d’1 Esdras dresse également la liste des rapatriés. Il recense 25 947 hommes d’Israël (contre 24 144 pour Esdras et 25 406 pour Néhémie), 5 288 prêtres (contre 4 289 pour Esdras et Néhémie), 341 Lévites, chantres et portiers contre 341 pour Esdras, 372 serviteurs du Temple contre 392 pour Esdras et Néhémie, et 652 hommes d’origine incertaine, contre 652 pour Esdras.

Le nombre total de personnes est bien supérieur à celui indiqué ici ; cette liste n’est donc pas exhaustive. Par exemple, Esdras mentionne la famille de Magbish, ce qui n’est pas le cas de Néhémie. Le total pourrait également inclure les tribus du nord, ainsi que les femmes et les enfants.

Sur les 50 chiffres communs, on compte 22 différences au total. Il y a 12 différences d’un seul chiffre, et Néhémie présente le chiffre le plus élevé dans 7 d’entre elles. On compte 10 différences à plusieurs chiffres, et Néhémie présente le chiffre le plus élevé dans 7 d’entre elles. À titre de comparaison, examinons l’hébreu par rapport à la Septante grecque : pour Esdras, il y a 2 différences (toutes deux à un seul chiffre), et pour Néhémie, 10 différences (dont 5 à un seul chiffre).

Q : Dans Esdras 2,1-70 et Néhémie 7,7-72, avec quelle précision les scribes de l’Antiquité ont-ils transmis ces listes de chiffres ?

R : Voici deux exemples tirés de documents anciens à titre de comparaison.

L’armée de Frada : l’inscription perse du rocher de Behistun indique que l’armée de Frada comptait 55 243 morts et 6 572 prisonniers dans la colonne babylonienne. Une traduction araméenne découverte sur l’île d’Éléphantine, en Égypte, indique que le nombre de prisonniers était de 6 972, soit un chiffre de moins que l’inscription du rocher de Behistun. Dans une copie de la colonne babylonienne découverte à Babylone, le nombre de prisonniers était de 6 973, soit un chiffre de différence par rapport à la traduction araméenne.

L’armée rebelle de Frawartish : l’inscription perse de Behistun indique que 2 045 hommes ont été tués et 1 558 faits prisonniers dans l’armée rebelle de Frawartish. La copie araméenne fait état de plus de 1 575 prisonniers.

Ces exemples sont tirés à l’origine de l’ouvrage de F.W. König, *Relief und Inschrift des Königs Dareios I am Felsen von Bagistan* (Leiden : Brill, 1938), p. 48, 45.

Q : Dans Esdras 2, 1-70, pourquoi le nombre de personnes revenues diffère-t-il de celui indiqué dans Néhémie 7, 7-72 ?

R : Cela s’explique probablement par une combinaison de plusieurs raisons.

De simples erreurs de copistes : les manuscrits dont nous disposons aujourd’hui comportent quelques erreurs de copistes. La plupart de ces erreurs consistent à modifier ou à omettre un chiffre. Entre le texte hébreu et la Septante, on observe 2 différences dans Esdras (toutes deux d’un seul chiffre) et 10 différences dans Néhémie (dont 5 d’un seul chiffre). On pourrait donc s’attendre à ce que de simples erreurs de copistes expliquent environ2 to 5 , voire jusqu’à 10 des 22 différences. Étant donné que Néhémie présente des chiffres plus élevés dans seulement 7 des 12 différences d’un seul chiffre, il n’y a pas de tendance statistiquement significative indiquant que l’un des deux textes soit systématiquement plus élevé.

Listes de chiffres codés : Les différences pourraient s’expliquer par l’utilisation de « listes de chiffres codés », dans lesquelles un trait vertical représentait « 1 » et un trait horizontal représentait « 10 », tandis que le début de la lettre du mot hébreu me’ah représentait les centaines. Cela entraînerait davantage d’erreurs de copie.

Changement dans la manière d’écrire les chiffres : la manière dont les Hébreux écrivaient les chiffres a changé à cette époque. Auparavant, les Hébreux utilisaient d’anciennes « lettres rondes », puis sont passés à des lettres « carrées ». Cela aurait entraîné davantage d’erreurs de copistes. Le Wycliffe Bible Dictionary, p. 667, mentionne que les Moabites parlaient un dialecte de l’hébreu et utilisaient encore les anciennes lettres rondes au IXe siècle av. J.-C. L’Encyclopédie Britannica, volume 1 (1956), p. 684, indique : « Les plus anciennes traces de l’araméen remontent à environ 800 av. J.-C. […] L’alphabet de cette époque diffère peu de celui de la pierre moabite. » Elle indique qu’il existait deux tendances, qui se sont achevées à l’époque perse :

1) l’élargissement des têtes des lettres beth, daleth et resh, et 2) l’arrondissement des angles et l’apparition de ligatures. Cela pourrait expliquer un plus grand nombre d’erreurs.

Les listes ont été établies à des époques différentes : sur les 10 différences à plusieurs chiffres, le livre de Néhémie fait état d’un nombre plus élevé dans 7 d’entre elles. D’une part, ces différences ne sont probablement pas dues à un plus grand nombre d’exilés de retour, car les totaux correspondent exactement. D’autre part, parmi les rapatriés, il se peut que davantage de personnes aient été recensées dans les clans et villages répertoriés. Esdras 2:1 précise qu’il s’agit de la liste dressée de ceux qui ont quitté Babylone, apparemment avant leur arrivée à Jérusalem. Il a pu y avoir des décisions de dernière minute concernant l’affiliation à un clan ou à un village.

Des listes différentes : comment ces listes ont-elles vu le jour ? Ce n’est pas que Dieu ait dicté ces chiffres à un scribe, mais plutôt que deux personnes ou plus ont procédé au dénombrement et établi ces listes. Il s’agissait probablement à l’origine de listes distinctes pour les raisons suivantes : Esdras distingue les hommes de Bethléem et de Netophah, tandis que Néhémie les regroupe. Magbish est absent chez Néhémie. Ils inversent l’ordre de Lod, etc., et de Jéricho. Néhémie ventile les chiffres de manière plus détaillée qu’Esdras.

La liste de Néhémie était une copie. Notez bien que Néhémie 7:5 ne dit pas qu’il s’agissait du nombre exact de personnes qui étaient revenues. Néhémie indique simplement qu’il a trouvé une liste, et que c’est ce que celle-ci indiquait. La liste pouvait être erronée, mais Néhémie rapporte fidèlement ce qu’elle indiquait. Voir la question suivante pour les implications de ce fait.

Q : Dans Esdras 2,1-70 et Néhémie 7,7-72, quel est le rapport avec l’inerrance ?

R : Certains détracteurs de l’inerrance considèrent les divergences entre ces listes comme l’un des défis les plus sérieux à l’inerrance de la Bible. En réalité, ce n’est pas le cas. Tout d’abord, une « fausse piste », c’est-à-dire une réponse incorrecte ; ensuite, une réponse chrétienne courante ; et enfin, la réponse la plus probable.

Réponse erronée : Les deux listes sont correctes, mais elles diffèrent car elles ont été établies à des moments légèrement différents. Au moment où la liste la plus récente a été compilée, quelques personnes supplémentaires étaient arrivées, d’autres étaient parties, et les offrandes avaient changé.

Cependant, le nombre total de personnes arrivées et de personnes parties devait correspondre exactement, puisque les totaux généraux sont identiques. Cela serait hautement improbable si les listes étaient toutes deux parfaitement correctes mais datées de moments différents.

Réponse courante : Bien que nous ne disposions pas des manuscrits originaux, l’inerrance [prétendument] implique que les deux listes devaient être identiques dans les manuscrits originaux. Cependant, une combinaison de simples erreurs de copistes et d’un changement de l’alphabet à cette époque, qui a entraîné davantage d’erreurs de copistes, est à l’origine des différences de chiffres qui auraient dû être communes aux deux listes. (Rien n’empêche qu’une liste comporte des détails que l’autre ne contient pas.)

Toutefois, 22 différences sur 50 chiffres, cela représente un nombre important de divergences, même en tenant compte de l’évolution de l’écriture survenue à cette époque.

Réponse la plus probable : Néhémie a copié sans erreur la liste dont il disposait (et cette liste comportait des erreurs). Elle était suffisamment précise pour donner une idée du nombre de ceux qui étaient revenus, mais la mise en garde de Néhémie nous rappelle que cette liste n’est pas garantie d’être exempte d’erreurs. C’est analogue à la manière dont la Bible rapporte sans erreur les erreurs des pharisiens, la précipitation de Jephté et la folie d’Abraham, sans nous dire explicitement si nous devons ou non croire et faire ces choses nous aussi.

Pourquoi la Bible ne nous a-t-elle pas donné les chiffres précis concernant toutes les personnes de l’époque de Néhémie ? Probablement parce que cela n’a pas d’importance. 1 Timothée 1:4 et Tite 3:9 nous disent de ne pas nous livrer à des généalogies sans fin.

Q : Dans Esdras 2, 1-70 et Néhémie 7, 7-72, quelle liste est la plus exacte ?

R : Bien que nous ne puissions en être certains, la liste d’Esdras est probablement la plus exacte pour les raisons suivantes :

1. Le livre apocryphe d’1 Esdras dresse également la liste des rapatriés, et celle-ci est plus proche de celle d’Esdras. L’une des différences entre les versions hébraïque et de la Septante dans Néhémie ferait que deux des chiffres de Néhémie concorderaient avec ceux d’Esdras. Ainsi, les traducteurs de la Septante, au moins, considéraient qu’Esdras était plus exact.

2. Néhémie lui-même a déclaré qu’il s’agissait de la liste qu’il avait trouvée, sans pour autant affirmer que tout ce qu’elle contenait était exact.

Cependant, on trouve des erreurs de copiste dans les deux textes. Voici une analyse de certaines de ces différences, le chiffre d’Esdras étant indiqué en premier.

200 contre 245 chanteurs (Néhémie 7:68). Il est probable qu’Esdras soit correct, car un scribe aurait pu reprendre par erreur le chiffre 245 de Néhémie 7:67. Il aurait alors pu omettre Néhémie 7:68.

61 000 drachmes contre une somme de 41 000. Il est probable que le chiffre 61 000 dans le livre d’Esdras soit une erreur typographique et qu’il faille lire 41 000.

Q : Dans Esdras 2,2 et 14, Néhémie, Mardochée et Bigvai sont-ils les mêmes personnages que ceux des livres de Néhémie et d’Esther ?

R : Non, ce ne sont pas les mêmes. Le gouverneur (Tirshatha) Néhémie est arrivé à Jérusalem en 445 av. J.-C., environ 13 ans après l’arrivée d’Esdras. Mardochée et Esther sont apparus plus tard, et Bigvai, qui signifie « heureux » en persan, n’était pas un nom inhabituel.

Q : Dans Esdras 2, 3-70, pourquoi pensez-vous qu’Esdras (et Dieu) ait inclus une liste de noms aussi longue ?

R : D’un point de vue humain, il y avait une certaine effervescence à savoir qui revenait. Deuxièmement, il s’agissait également d’une « vérification » visant à déterminer qui, parmi ceux qui revenaient, était un véritable Israélite. Troisièmement, les générations futures pourraient se tourner vers le passé et dire : « J’en fais partie », en se référant à ces noms. Du point de vue de Dieu, celui-ci veille sur chaque détail de ce que chacun fait.

Il s’agissait d’un « appel nominal » de ceux qui avaient quitté le confort et les commodités de leur lieu de vie pour s’engager dans le ministère, plutôt que de rester simplement en marge.

Q : Dans Esdras 2, 6-7, si un croyant s’est détourné de Dieu et souhaite revenir, que lui conseilleriez-vous de faire ?

R : Tout d’abord, rassurez-le en lui disant que Dieu pardonne et qu’Il l’accueillera. En fonction de ce qu’il a fait, si possible, qu’il répare ce qu’il a pris ou détruit. Il vit peut-être avec les conséquences de son péché ; bien que Dieu puisse ôter ces conséquences, Il ne le fait souvent pas. Mais s’il supporte la discipline de Dieu et choisit désormais de Le suivre, Dieu peut faire jaillir une bénédiction de son obéissance renouvelée envers Lui.

Il est intéressant de noter que, dans Esdras 2:6, certains des rapatriés venaient de Pahath-Moab. Ce nom signifie « gouverneur de Moab » et pourrait faire référence aux Rubénites que le roi assyrien Tiglath-Pileser III avait installés à Moab. D’autres rapatriés venaient d’Élam, comme le mentionne Esdras 2:7. L’Élam se trouve dans le sud-ouest de l’Iran, et certains Israélites y avaient été installés de force.

Q : Dans Esdras 2:42, pourquoi tant de portiers, soit 139, sont-ils revenus ?

R : On estime qu’avant l’exil, il y avait environ 5 000 portiers ; la majorité d’entre eux n’est donc pas revenue. Les portiers ne se contentaient pas de se tenir à la porte ; ils entretenaient les lieux et faisaient en quelque sorte office de concierges. D’ailleurs, notre mot « concierge » vient du mot latin janua, qui signifie « porte ». Ces personnes avaient donc des emplois stables mais peu rémunérateurs. Peut-être n’ont-ils pas été tentés par l’enrichissement dans l’empire babylonien, puis dans l’empire perse.

Q : Dans Esdras 2, 59-63, que faites-vous lorsque vous vous trouvez dans un « no man’s land » au sein d’un ministère ?

R : Ces hommes affirmaient pouvoir exercer la fonction de prêtres, mais aucun registre n’indiquait qu’ils descendaient de prêtres. Soit ils étaient réellement des descendants mais les registres avaient été perdus, soit ils n’étaient pas vraiment des prêtres (et le savaient), soit peut-être leurs parents et grands-parents avaient prétendu qu’ils appartenaient à une famille sacerdotale mais s’étaient trompés. Le gouverneur (Tirshatha), qui était Néhémie, décida donc qu’ils ne pourraient pas exercer la fonction de prêtre tant qu’un prêtre disposant de l’Urim et du Thummim n’aurait pas tranché. Nous ne disposons d’aucune trace indiquant si, ni quand, cette décision a été prise pour la plupart d’entre eux. Cependant, une famille sacerdotale, celle des fils de Koz/Hakkoz mentionnée dans Esdras 2:61, put par la suite être considérée comme telle. Merémoth, fils d’Urie, mentionné dans Esdras 8:33 — qui était le fils d’Urie, lui-même fils de Hakkoz selon Néhémie 3:4, 21 —, fut considéré comme faisant partie des prêtres dans Néhémie 3.

Lorsque vous semblez avoir l’occasion d’exercer une fonction importante et que la voie vous est barrée (à juste titre ou à tort), que pouvez-vous faire ? Vous pourriez devenir amer, ou du moins déçu. Ou bien, si Dieu a fermé une porte, vous pourriez au contraire servir dans une autre fonction, en passant par une porte que Dieu a ouverte. Comme l’a dit un chrétien : « La déception, c’est Son dessein. » Dieu ne se soucie pas de la hauteur de la position humaine que vous occupez ; ce qui Lui importe, c’est votre cœur dans le service que vous Lui rendez.

Q : Dans Esdras 2:64, pourquoi la multitude totale s’élève-t-elle à 42 360 personnes alors que l’addition des listes figurant dans Esdras, Néhémie et 1 Esdras donne respectivement 29 818, 31 089 et 30 143 hommes ?

R : L’« assemblée tout entière » comprenait les femmes et les enfants. Cela signifie que relativement peu de femmes et d’enfants ont participé à cette migration ; il s’agissait principalement d’hommes. Cela explique pourquoi la pression en faveur de mariages mixtes avec des non-Israélites a pu être forte.

Q : Dans Esdras 2:69, de quelle somme s’agit-il exactement ?

R : 61 000 drachmes d’or représenteraient environ 1 000 livres (500 kilogrammes), et 5 000 minas d’argent environ 3 tonnes (2,9 tonnes métriques).

Q : Dans Esdras 2:70, de quelles manières pouvons-nous, en tant que chrétiens, « prendre position » aujourd’hui ?

R : Nous pouvons nous lever en ne négligeant pas de nous réunir, comme le commande Hébreux 10:25. Nous pouvons voter pour des candidats honorables, qui ne prônent pas des choses mauvaises. À l’instar des dirigeants fortunés d’Esdras 2:69-70, nous pouvons donner librement de l’argent pour l’œuvre de Dieu. Nous pouvons porter publiquement le nom de chrétien.

Q : Dans Esdras 3:1-12, en quoi ce réveil différait-il de celui de Josias dans 2 Chroniques 34 ?

R : Lors du renouveau de Josias, le peuple était encore dans la désobéissance juste avant ce renouveau, il a dû retrouver un exemplaire de la Loi, et il était alors confronté à une grave menace (l’Assyrie). Il s’agissait d’un renouveau de repentance sous la menace d’un châtiment.

Dans le renouveau d’Esdras, le peuple s’était déjà repenti de l’idolâtrie, il avait déjà lu la Loi, et il était là pour reconstruire le Temple et la ville. Il s’agissait d’un renouveau de dévouement et de reconstruction.

En résumé, le premier renouveau consistait à se détourner du mal, tandis que celui d’Esdras consistait à aller de l’avant pour construire. Ces deux types de renouveau ont chacun leur place.

Q : Dans Esdras 3:2, pourquoi la construction d’un autel dédié à Dieu s’est-elle avérée plus difficile que prévu ?

R : Pour le construire à cet endroit, il fallait d’abord déblayer les décombres du premier temple en ruines. Les peuples environnants se seraient également opposés à leurs efforts. Le septième mois correspondrait ici à septembre-octobre 537/536 av. J.-C.

En revanche, le gouvernement perse n’aurait eu aucune objection à la construction d’un autel de plus. Selon l’ouvrage *Major Cities of Bible Times* (p. 32-48), des textes babyloniens mentionnent 50 temples ainsi que 180 sanctuaires en plein air dédiés à la déesse Ishtar, 300 sanctuaires dédiés aux dieux Igigi et 1 200 sanctuaires dédiés aux dieux Anunnaki. Les Juifs ne voulaient en construire qu’un seul. (Extrait de *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 4, p. 622)

Q : Dans Esdras 3:8, pourquoi les Lévites âgés de 20 ans et plus ont-ils été désignés pour le service, alors que Nombres 4:3,47 et 1 Chroniques 23:3,24,27 indiquent que seuls les Lévites âgés de 30 ans et plus pouvaient exercer leur ministère, et que Nombres8:24 précise que seuls les Lévites âgés de 25 ans et plus pouvaient travailler dans la Tente de la Rencontre ?

R : Esdras2:40 et Néhémie7:43 indiquent tous deux que seuls 74 Lévites étaient revenus. Ils ont probablement estimé qu’ils devaient faire appel à des Lévites plus jeunes car ils étaient si peu nombreux.

Q : Dans Esdras 3:10 et Aggée 1:15, la construction a-t-elle eu lieu en 520 av. J.-C. sous le règne de Darius Ier, ou a-t-elle commencé sous Cyrus II vers 537 av. J.-C., comme l’indique Esdras 3:8-13 ?

R : Les deux affirmations sont vraies. Les travaux ont commencé en 537 av. J.-C. sous Cyrus II, ont été interrompus pendant seize ans en raison d’une opposition, puis ont repris sous Darius Ier en 520 av. J.-C. Ils se sont achevés en 516/515 av. J.-C.

Q : Dans Esdras 3, 11-13 et Aggée 2, 1-9, pourquoi certains se réjouissaient-ils tandis que d’autres pleuraient ?

R : Une situation similaire se produit lorsque le temple est achevé, dans Aggée 2, 1-9. C’est un peu comme se demander si un verre est à moitié plein ou à moitié vide. Pendant plus de 70 ans (depuis 587/586 av. J.-C.), il n’y avait eu ni autel ni temple, et voilà que le temple était enfin en cours de reconstruction pour y offrir des sacrifices à Dieu. Mais d’un autre côté, ce modeste début semblait si insignifiant comparé à l’ancienne magnificence du temple de Salomon et de ses parvis. Certains se concentraient sur ce qui avait été et sur ce qui aurait pu être. D’autres se concentraient sur les progrès accomplis et sur l’avenir que cela promettait.

Q : Dans Esdras 4, quelle est la chronologie ?

R : Voici une chronologie des différentes sections d’Esdras 4. Notez que Xerxès et Artaxerxès Ier sont deux personnes différentes. Notez également que quatre éléments sont en cours de construction : l’autel, les fondations du temple, le reste du temple et les murs de Jérusalem.

Rois perses et événements

Versets dans Esdras / Néhémie

Les Babyloniens détruisent Jérusalem en 587/586 av. J.-C.

Cyrus Ier (vers 652-600 av. J.-C.)

Cambyse Ier, vers 600-559 av. J.-C.

Cyrus II conquiert Babylone en 539 av. J.-C.

Cyrus II « le Grand » (559-530 av. J.-C.)

Esdras 4, 1-5 (559-530 av. J.-C.)

Esdras 3:1-5 Fête des Tabernacles. 7e mois, septembre-octobre 537/536 av. J.-C.

Esdras 3:10-13 : achèvement des fondations du Temple, 535/534 av. J.-C.

Darius Ier (Hystaspis) 522-486 av. J.-C.

Esdras 4:23-24 Les travaux du temple furent interrompus et ne reprirent qu’en 520 av. J.-C. (Ceci se passe avant Esdras 4:7-22.)

Aggée et Zacharie prêchent (520-519 av. J.-C.). Aggée leur fait des reproches de ne pas avoir encore reconstruit la maison du Seigneur.

L’Égypte se révolte contre la Perse (486-483 av. J.-C.)

Esdras 6:15 La reconstruction du temple s’achève en 516/515 av. J.-C.

Xerxès (= Assuérus dans le livre d’Esther) 486-465 av. J.-C.

Esdras 4:6 Xerxès (486-465 av. J.-C.)

Artaxerxès Ier (Longimanus) 465-424 av. J.-C.

Flash-back : Esdras 4:7-23 Artaxerxès Ier avait interrompu la construction des remparts. (465-445 av. J.-C.)

Néhémie 2 : Artaxerxès Ier autorise à nouveau la construction des murs de Jérusalem. 445/444 av. J.-C.

Q : Dans Esdras 4, 2, qui étaient exactement les Samaritains ?

R : Les Samaritains formaient un peuple hétéroclite qui vivait au nord de Jérusalem. Ils étaient issus d’un mélange d’Israélites pauvres du royaume du Nord, auxquels s’ajoutaient quelques peuples conquis que le roi assyrien Sargon II (722-705 av. J.-C.) avait importés, ainsi qu’un deuxième groupe plus important sous le règne du roi Esarhaddon (681-669 av. J.-C.) et un troisième groupe importé sous le règne de son fils Assurbanipal (669-627 av. J.-C.). Les Babyloniens, en revanche, n’ont apparemment pas fait venir de peuples en Samarie.

Sur le plan religieux, ils adoraient le Dieu véritable ainsi que d’autres divinités. En 1962, les Bédouins qui avaient découvert les manuscrits de la mer Morte ont également trouvé une grotte à Wadi Daliyeh. Elle contenait deux à trois cents squelettes de familles qui avaient fui Alexandre le Grand de Macédoine en 331 av. J.-C. Dans les écrits qu’ils ont laissés, bon nombre de leurs noms faisaient référence à des idoles édomites, araméennes, moabites, cananéennes et babyloniennes.

Q : Dans Esdras 4:2, les Samaritains étaient-ils sincères lorsqu’ils proposaient leur aide aux Juifs ?

R : Ils n’étaient probablement pas sincères, mais cherchaient peut-être à infiltrer les ouvriers. Les Samaritains ont empêché de force la reconstruction des murs, car le mont Garizim, en Samarie, était un « concurrent » en tant que lieu de culte. Les Samaritains pensaient probablement qu’il n’y avait aucune incompatibilité entre le Temple dédié à Dieu et leur culte éclectique, selon Esdras 4:2. Cependant, les Juifs ont eu raison de refuser l’aide des Samaritains, car ceux-ci adoraient également d’autres dieux (2 Rois 17:34) en plus du seul vrai Dieu et des veaux d’or. Toutefois, repousser les Samaritains les aurait amenés à s’opposer à la construction.

Contrairement à cela, l’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 441, estime que les Samaritains étaient sincères à cet égard. Mais s’ils étaient sincères dans leur désir de voir le temple construit, dès qu’on leur a refusé l’autorisation d’aider, ils ont tenté de décourager et de troubler le peuple (Esdras 4:4). Ils ont engagé des conseillers, c’est-à-dire qu’ils les ont soudoyés (Esdras 4:5). Enfin, ils ont rédigé une lettre les accusant de vouloir ériger une muraille pour se rebeller contre les Perses (Esdras 4:6). S’ils étaient sincères, comme l’affirme Asimov, pourquoi auraient-ils ensuite cherché à les décourager et rédigé une lettre pour les accuser ?

Q : Dans Esdras 4:3, pourquoi les Juifs ont-ils refusé l’aide extérieure ?

R : Si vous avez besoin de nourriture ou de produits de première nécessité, l’aide de non-croyants est généralement acceptable. Mais si vous accomplissez une œuvre pour Dieu, il vaut mieux compter sur des croyants bénévoles plutôt que sur des non-croyants. Devrions-nous accepter l’aide de non-croyants pour le ministère de Dieu ? 3 Jean 7 mentionne également de ne pas recevoir d’aide des païens. C’est une chose d’accepter de l’aide pour la distribuer aux pauvres, et une autre de l’accepter pour prêcher l’Évangile.

Q : Dans Esdras 4, 7-16, comment réagissez-vous lorsque vous travaillez d’arrache-pied et au prix de sacrifices pour le royaume de Dieu, et que soudain, tout votre travail est réduit à néant par l’opposition ?

R : Le peuple aurait pu se décourager, voire simplement abandonner. Mais ce même roi perse, Artaxerxès, leur a par la suite permis de reconstruire les murs sous la direction de Néhémie à partir de 445/444 av. J.-C. Tout d’abord, l’opposition malveillante à l’œuvre de Dieu ne devrait être ni inattendue ni décourageante. Si l’opposition a touché Moïse, Josué, Esdras et Néhémie, Jésus, Paul et les autres apôtres, pourquoi devriez-vous vous en étonner si cela vous arrive un jour ?

Deuxièmement, il existe un dicton au baseball : « Ne transforme pas une erreur en deux. » Si vous commettez une erreur embarrassante, comme laisser une balle au sol passer entre vos jambes ou laisser tomber une balle en hauteur, vous risquez de vous sentir tellement mal et de vous apitoyer sur votre sort que vous ne verrez pas la balle suivante qui vous est destinée et que vous la raterez aussi. Lorsque vous commettez une grave erreur, vous devez vous ressaisir, prendre la résolution de continuer à essayer ou de redoubler d’efforts, et aller de l’avant. Lorsqu’une opportunité se referme, soyez prêt pour celle qui s’ouvrira ensuite.

Q : Dans Esdras 4:8-6:18 et Esdras 7:12-26, pourquoi ces passages ont-ils été rédigés en araméen ?

R : Rien n’indique qu’Esdras ou ses secrétaires devaient écrire dans la même langue. Peut-être que différentes parties ont été rédigées par différents secrétaires. Daniel 2, 4b-7, 28 a également été écrit en araméen, tout comme Jérémie 10, 11.

La lettre des Samaritains au roi était en araméen ; il est donc logique de la citer en araméen.

Q : Dans Esdras 4,9, qui sont les Dehavites ?

R : On pensait autrefois qu’il s’agissait des Daoi d’Hérodote et des Dahae de Pline et de Virgile. Ce peuple vivait à l’est de la mer Caspienne. Cependant, on considère aujourd’hui que le terme hébreu n’est pas le nom d’un peuple, mais le mot « di-hu », qui signifie « c’est-à-dire ». Ainsi, Esdras 4:9 se lit « les Élamites de Suse » (BSB), ou plus littéralement, « les hommes de Suse, c'est-à-dire les Élamites ».

Q : Dans Esdras 4:13, quel était le montant exact de l’impôt perçu par les rois perses ?

R : Dans tout l’empire, le roi perse percevait environ 25 à 35 millions de dollars américains par an, selon The Expositor’s Bible Commentary, vol. 4, p. 631-632. La Palestine faisait partie de la cinquième satrapie, à laquelle, selon Hérodote (livre 3, chapitres 89 à 97), n’étaient imposés que 350 talents d’argent, soit 680 000 dollars américains. D’autres régions devaient également verser des contributions non monétaires en nature, qui dépassaient souvent les contributions financières. La Palestine n’était pas tenue de verser de contributions en nature ; les Perses lui imposaient donc un tribut relativement modéré.

Q : Dans Esdras 4:15, 19, comment les croyants doivent-ils réagir lorsqu’ils sont accusés à tort de sédition et d’insurrection ?

R : La sédition désigne la trahison envers le gouvernement, et l’insurrection désigne la révolte. En supposant qu’ils ne soient en réalité pas coupables de trahison, les croyants devraient nier ces accusations. Cependant, veillez à ce que votre démenti ne soit pas formulé de manière si maladroite qu’il ne vienne renforcer les soupçons pesant sur l’accusation. À titre indicatif, un démenti devrait avoir une longueur à peu près équivalente à celle de l’accusation.

Q : Dans Esdras 4:23, la reconstruction du temple a-t-elle cessé à cause des armées étrangères, ou à cause de l’indifférence du peuple, comme le dit Aggée 1:2 ?

R : Une armée a peut-être provoqué un arrêt temporaire des travaux, mais une fois ceux-ci interrompus, c’est l’indifférence du peuple qui a empêché leur reprise, même après que cela fut autorisé en 522 av. J.-C.

Q : Dans Esdras 5,1, ces prophètes étaient-ils les mêmes que ceux qui ont rédigé des livres de la Bible ?

R : Oui, Aggée et Zacharie étaient bien les mêmes personnes. Aggée a prêché d’août à décembre 520 av. J.-C. Zacharie a prophétisé à partir d’octobre/novembre 520 av. J.-C. pendant deux ans.

Q : Dans Esdras 5,1 et6:14 , Zacharie était-il le fils d’Iddo, ou le fils de Bérékia, fils d’Iddo, comme indiqué dans Zacharie 1,1 ?

R : Zacharie était le fils de Bérékia et le petit-fils d’Iddo. Dans les langues sémitiques, le mot « fils » peut signifier « descendant ».

Q : Dans Esdras 5:3, en quoi la visite de Tattenaï était-elle significative ?

R : Tattenaï était un enquêteur officiel du gouvernement (frasaka) ou un inquisiteur (patifrasa). Zorobabel et les Juifs craignaient sans doute que Tattenaï n’ordonne immédiatement l’arrêt des travaux. Lorsqu’il leur demanda si les Juifs avaient l’autorisation de construire le temple ou la muraille, une mauvaise réponse aurait pu mettre fin immédiatement à la construction des deux.

Tattenai ne semble pas avoir été ni pour ni contre les Juifs ; il voulait simplement que les lois et l’autorité soient respectées. Lorsqu’ils lui répondirent de manière raisonnable, en évoquant le décret de Cyrus et le retour des objets du temple, Tattenai les écouta mais refusa de les croire sans preuves corroborantes issues des archives perses. Tattenai accorda toutefois aux Juifs le bénéfice du doute et autorisa la poursuite des travaux pendant que les recherches étaient menées. La plupart des supérieurs ont eux-mêmes un supérieur. Tattenai ne voulait pas que Darius apprenne qu’il laissait les choses aller. Il « délégua donc vers le haut » la responsabilité à Darius. Tattenai expliqua tout à Darius, qui se mit à la recherche du décret.

En 1913, un commentateur, Batten, a identifié à tort Tattenaï à Ushtannu, le satrape de toute Babylone et de la région trans-euphratienne. Cependant, des archéologues ont découvert un document babylonien, daté du 5 juin 502 av. J.-C., mentionnant « Ta-at-tan-ni » comme le pahat (gouverneur) qui était un subordonné du satrape.

Q : Dans Esdras 5:7, Darius devait-il traiter un grand nombre de lettres provenant de ses fonctionnaires ?

R : Les archéologues ont mis au jour plusieurs milliers de textes datant de la période comprise entre 509 et 494 av. J.-C. provenant de la capitale Persépolis, ainsi que plus de 100 textes datant de 492 à 458 av. J.-C.

Quant à la réponse d’un roi, il existe un temple païen à Xanthos, en Lycie, dans le sud-ouest de l’Asie Mineure, qui porte un décret d’autorisation similaire émanant du roi perse. Il est rédigé en grec, en lycien et en araméen. Cyrus fit restaurer des temples à Uruk et à Ur. Cambyse fit restaurer le temple de Saïs en Égypte. Darius fit reconstruire un temple à Hibis en Égypte.

Q : Dans Esdras 5:11, qu’y a-t-il d’intéressant dans la manière dont ils ont raconté leur histoire à Tattenaï ?

R : D’après ce qui est dit ici, Nabuchodonosor n’était PAS, en fin de compte, responsable de la destruction du temple et de la déportation du peuple ; c’était Dieu, et Nabuchodonosor n’était que son instrument. C’est Dieu qui a agi ainsi, et leurs ancêtres étaient à blâmer à cause de leur péché.

Q : Dans Esdras 5:16, que signifie le nom « Zorobabel » ?

R : Il signifie « enfant/descendant de Babylone », puisque Zorobabel y est né.

Q : Dans Esdras 6:1, pourquoi les Perses auraient-ils fouillé les archives de Babylone, alors que Suse était la capitale perse ?

R : Ils ont fouillé les archives (littéralement « la maison des livres ») à Babylone, mais n’ont trouvé aucun décret. Par la providence, ces tablettes se trouvaient à Ecbatane (Achmetha) en Médie, et c’est là qu’ils les ont découvertes. L’Empire perse comptait quatre capitales : Suse (ou Shushan), Persépolis, Ecbatane et Babylone. Parmi ces quatre capitales, c’est à Ecbatane que le décret a été retrouvé, car c’est apparemment là que Cyrus avait passé l’été en 538 av. J.-C. lorsqu’il rédigea ce décret. En général, les rois perses passaient l’hiver à Babylone et les étés à Suse ou à Ecbatane. Soit dit en passant, Esdras 6:2 est la seule référence à Ecbatane dans la Bible.

Q : Dans Esdras 6:1, quelle est l’importance de ce décret ?

R : Un roi respectait le décret d’un roi précédent. Darius était donc heureux d’aider les Juifs, à la fois parce qu’ils avaient reçu l’autorisation de Cyrus et parce que Jérusalem pouvait servir de forteresse tampon contre l’Égypte ou d’éventuels rebelles. La découverte de cet ancien décret fut donc un soulagement pour les Juifs. Notez que non seulement Darius honora le décret, mais qu’aux versets 8 à 10, il fournit également généreusement des provisions et des matériaux pour la reconstruction, et qu’aux versets 11 à 12, il menaça de punir quiconque s’opposerait à la reconstruction. (Darius fit empaler 3 000 Babyloniens après la rébellion de Babylone, selon l’inscription de Behistun et le livre 3, chapitre 159, d’Hérodote.) Si Darius cherchait à amadouer les Juifs afin qu’ils lui restent fidèles, c’était là la meilleure façon de s’y prendre.

Des sacrifices étaient régulièrement offerts pour le roi, selon 1 Maccabées 7, 23 ; 12, 11 ; 2 Maccabées 3, 35 ; 13, 23 ; et les Antiquités judaïques de Josèphe, livre 12, n° 2.5.

Q : Dans Esdras 6, 8, pourquoi un roi perse verserait-il une somme considérable pour reconstruire le temple des Juifs à Jérusalem ?

R : Il arrivait souvent que les rois construisent des temples, ce qui servait également l’objectif « pratique » de s’assurer la loyauté de leurs sujets. Cyrus fit également réparer le temple d’Uruk, le temple d’Enunmakh à Ur, ainsi que des temples à Babylone. Les archéologues ont découvert un mémorandum concernant le Temple juif, rédigé par Bagoas, le gouverneur perse de Juda, et Delaïa. On y lit : « de le reconstruire sur son emplacement d’origine, tel qu’il était auparavant, et d’y offrir l’oblation et l’encens sur l’autel comme autrefois. »

De plus, Darius demanda aux Juifs de prier pour lui et ses fils, comme le rapporte Esdras 6, 10 (cf. 1 Maccabées 7, 33).

Q : Dans Esdras 6, 15-22, quelle est la signification de cette célébration ?

R : La célébration annuelle de la Pâque commémorait la protection que Dieu avait accordée aux Israélites lors de leur sortie d’Égypte pendant l’Exode. Ils n’avaient pas pu la célébrer au temple pendant plus de 70 ans, car ils n’avaient pas de temple, celui-ci ayant été détruit le 12 août 586 av. J.-C. Mais après tout ce temps, ils étaient ravis de pouvoir enfin la célébrer dans le temple nouvellement consacré.

Q : Dans Esdras 6, 17-22, en quoi cela diffère-t-il du temple et des sacrifices sous Salomon ?

R : Ce temple mesurait 90 pieds de haut et 90 pieds de large. Lors de sa consécration, 100 taureaux, 200 béliers, 400 agneaux mâles et 12 chèvres furent offerts en sacrifice. Ce sacrifice peut sembler de grande envergure, jusqu’à ce qu’on le compare à celui du temple de Salomon.

À l’époque de Salomon, le temple mesurait 90 pieds de long, 30 pieds de large et 45 pieds de haut, selon 1 Rois 6:2. Il était orné de cèdre de qualité et d’or. Lors de sa consécration, 22 000 bœufs et 120 000 moutons furent offerts, selon 1 Rois 8:63.

Q : Dans Esdras 6:22, pourquoi Darius est-il appelé ici « roi d’Assyrie », alors qu’il était roi de Perse ?

R : Les empires assyrien et babylonien s’étendaient sur de vastes territoires avant que les Perses ne conquièrent l’ensemble de ces terres. Plutôt que d’essayer d’assimiler tous les peuples à la culture perse, ils jugèrent préférable de permettre aux peuples conquis de conserver leur propre identité. Ainsi, la Perse était destinée aux Perses (et aux Mèdes), et Darius était roi de Perse, de Babylonie, d’Assyrie, de Syrie, d’Asie Mineure et d’Égypte.

Q : Dans Esdras 7:1, à quelle époque ce chapitre se déroule-t-il ?

R : Il y a eu un intervalle de 57/58 ans entre Esdras 6 (en 516 av. J.-C.) et Esdras 7 (458 av. J.-C.). Les événements du livre d’Esther se sont déroulés entre ces deux dates. Esdras est arrivé à une époque où l’Égypte, avec l’aide d’Athènes et de la Ligue de Délos, avait temporairement réussi à se révolter contre la Perse, entre 460 et 454 av. J.-C.

Q : Dans Esdras 7:1, Seraïa était-il le père d’Esdras ?

R : Non, car le prêtre Séraïa fut exécuté par les Babyloniens en 588/587 av. J.-C., tandis qu’Esdras et ses compagnons voyagèrent entre le 8 avril et le 4 août 458 av. J.-C. Jeshua, mentionné dans Esdras 2:2, était probablement un petit-fils de Séraïa. Esdras était probablement l’arrière-petit-fils ou l’arrière-arrière-petit-fils de Séraïa. En hébreu, le terme « fils » peut signifier « descendant ». Séraja était un ancêtre célèbre, et Esdras a été nommé en son honneur.

Soit dit en passant, Séraïa signifie « Yahvé est prince », et Esdras est une forme abrégée d’Azaria (Yahvé a aidé), qui était un prénom courant.

Q : Dans Esdras 7:6, Esdras aurait-il pu arriver soit en 458 av. J.-C., soit en 398 av. J.-C. ?

R : Non. Bien qu’Esdras ne précise pas explicitement « I » ou « II », il doit s’agir d’« I », car 398 av. J.-C. est une période trop tardive pour que le Temple ne soit pas encore achevé. De plus, on fait souvent la distinction entre deux rois portant le même nom dès lors que le second règne, mais on ne fait pas cette distinction lorsqu’un seul de ces rois a existé.

De plus, l’époque d’Esdras et de Néhémie devait se situer sous le règne d’Artaxerxès Ier, car un papyrus d’Éléphantine (Cowley n° 30), daté par le scribe d’November 25, 407 B.C. , mentionne Sanballat [sn’blt], le gouverneur de Samarie dont il est question dans le livre de Néhémie.

Q : Dans Esdras 7:6, Psaumes 45:1 et Proverbes 22:29, que signifie « un scribe habile » ?

R : Le mot hébreu utilisé ici, mahir, signifie littéralement « rapide » ou « vif ». Cela signifie qu’il était habile dans son travail et qu’il pouvait accomplir sa tâche avec efficacité. Pour preuve, Esdras a rendu compte en détail de ce voyage. Il est intéressant de noter que, dans la capitale Persépolis, on trouve plus de 300 textes de voyage perses ; il était donc courant de consigner les voyages officiels.

Q : Dans Esdras 7,17, existe-t-il un précédent où un roi perse aurait autorisé un prêtre non perse à rétablir ses sacrifices et à rétablir des lois religieuses (non perses) ?

R : Oui, car le roi semblait soucieux que le peuple continue à suivre ses propres coutumes, dans le cadre de son obéissance à la Perse. On trouve un parallèle très étroit dans le décret de Darius Ier adressé à Udjahorresnet, un prêtre égyptien qui rétablit la religion égyptienne à Saïs, en Égypte. Darius lui confia la mission de rassembler les « sages d’Égypte » afin de codifier les lois égyptiennes à la fois en écriture démotique égyptienne et en araméen. Les scribes égyptiens mirent entre 518 et 503 av. J.-C. pour mener à bien cette tâche.

Q : Dans Esdras 8:15, pourquoi était-il significatif qu’il n’y ait pas de Lévites parmi eux ?

R : Le roi avait précisé qu’ils devaient se rendre sur place pour promouvoir l’obéissance à la Torah, et aucun Lévite ne faisait partie du groupe. De plus, pour le transport de tout le matériel, Esdras souhaitait que ce soient des Lévites qui s’occupent des objets du temple. Esdras se rendit donc dans la ville de Casiphia, où vivaient de nombreux Lévites, et persuada 38 Lévites et 220 serviteurs du temple de retourner à Jérusalem (Esdras 8, 18-20).

Q : Dans Esdras 8, 15-21, pourquoi ont-ils prié à ce moment-là pour leur sécurité ?

R : Un petit groupe d’exilés (1 772 hommes, soit peut-être entre 3 000 et 5 000 personnes au total) entreprenait le voyage de 900 miles pour rentrer. On leur avait confié environ 25 tonnes d’argent, 3,75 tonnes d’or et des objets en bronze. Ils craignaient de tomber dans une embuscade en chemin, comme le dit Esdras 8, 31. Esdras, qui n’était pas un fonctionnaire perse, n’a pas demandé d’escorte militaire, contrairement à Néhémie, fonctionnaire de la cour, qui en a fait la demande dans Néhémie 2:7-9. Les deux options étaient valables.

Q : Dans Esdras 8:17, s’agit-il du même Iddo qui était le père de Zacharie dans Zacharie 1:1 ?

R : Non, car Zacharie a prophétisé avant les événements relatés dans Esdras 7-8 ; le père de Zacharie n’était donc probablement plus en vie à cette époque. Mais il aurait pu s’agir d’un fils ou d’un petit-fils du père de Zacharie, portant le même nom.

Q : Dans Esdras 8, 21-22, pourquoi ont-ils jeûné ici sans demander la protection des Perses ?

R : Les Juifs avaient déjà adressé une requête au roi une fois. Esdras 8, 22-23 indique qu’il aurait semblé étrange de demander à nouveau des troupes, puisqu’ils avaient déjà déclaré que Dieu les protégerait. Bien sûr, les troupes perses auraient pu être l’un des moyens utilisés par Dieu pour protéger les Juifs. Cependant, comme le souligne l’ouvrage *1001 Bible Questions Answered* (p. 315), c’est une chose d’accepter une aide offerte spontanément, et une autre de la solliciter.

Q : Dans Esdras 8, 25-29, puisque vous faites confiance aux serviteurs et aux dirigeants de Dieu, est-il tout de même acceptable de leur faire subir des contrôles financiers et des audits ?

R : Bien sûr. C’est pourquoi Esdras a pesé l’argent, l’or et les autres objets mentionnés en Esdras 8:25 lorsqu’il les leur a remis, et pourquoi ils les ont pesés à nouveau en Esdras 8:29 pour s’assurer qu’ils n’en avaient rien détourné. On leur avait dit à l’avance qu’il y aurait une deuxième pesée à leur arrivée. Il arrive parfois que des personnes malhonnêtes se cachent parmi celles dont on ne soupçonne rien. C’est donc une bonne chose que les serviteurs de Dieu qui gèrent de l’argent et des richesses soient soumis à des audits et à une obligation de rendre des comptes financiers. Si vous êtes une personne honnête à qui l’on a confié de l’argent ou d’autres biens, vous ne devriez pas vous sentir offensé qu’on vous demande de vous soumettre à un audit. Il est bon d’avoir des contrôles financiers, non seulement pour prévenir le vol, mais aussi pour montrer à tous, tant au sein de l’Église qu’à l’extérieur, qu’il existe des preuves solides que l’argent n’a pas été détourné.

Q : Dans Esdras 8:27, 1 Chroniques 29:7 et Néhémie 7:70, s’agit-il de darics perses ou de drachmes grecques ?

R : Il s’agit soit d’un darique perse, soit d’une pièce d’argent frappée localement sur le modèle de la drachme grecque.

Des archéologues ont découvert plusieurs « drachmes » datant de l’époque perse à Beth-Zur (Khirbet et-Tubeiquah), au sud de Jérusalem et à 4 miles et demi (7 km) au nord d’Hébron. Ces drachmes n’ont pas été frappées en Grèce, mais en Juda, dans le « style drachme ». Un article indique que les Juifs étaient autorisés à frapper leurs propres pièces d’argent portant le nom de la province « Yehud » en écriture hébraïque archaïque. Il existait un atelier monétaire local en Palestine à l’époque perse.

Cependant, il existe également une deuxième théorie. Le mot hébreu utilisé ici, « darkemonim », ainsi qu’un mot similaire dans Esdras 8:27 et 1 Chroniques 29:7, « adarkonim », pourraient faire référence au daric perse, une pièce d’or tirant son nom du mot perse désignant l’or : « dari ». Un soldat recevait une de ces pièces par mois en guise de solde.

Q : Dans Esdras 9, 1-2, quand faut-il parler à quelqu’un des péchés d’autrui, et quand faut-il garder le silence ?

R : Tout d’abord, il faut reconnaître qu’il existe une tentation de colporter des ragots, de tout raconter à tout le monde sans discernement, et que les ragots constituent un péché. Au-delà de cela, il faut déterminer, pour la gloire de Dieu, ce qui doit être dit, avec quel niveau de détail, et à qui. Certains responsables sont venus trouver Esdras parce qu’il était le chef spirituel de la communauté, et Esdras devait agir : avertir les gens de ce péché et exclure de l’assemblée ceux qui persistaient dans ce péché.

Lorsqu’il y a un péché, le cercle des personnes qui doivent être informées de la situation, ou de la discipline ecclésiastique, correspond grosso modo à celui des personnes qui savaient déjà que quelque chose se passait, plus les responsables qui sont des superviseurs spirituels. Ils doivent savoir ce qui s’est passé, mais n’ont pas besoin de connaître tous les « GSD », c’est-à-dire les détails sordides du péché en question.

Q : Dans Esdras 9, 1-2 ; Exode 34, 16 ; et Deutéronome 7, 1-3, pourquoi de nombreux hommes juifs ont-ils épousé des femmes païennes ?

R : Apparemment, le nombre d’hommes revenus de captivité était bien supérieur à celui des femmes. Ils voulaient se marier, et comme il semblait que Dieu ne leur fournissait pas d’épouse pour le moment, ils ont pris les choses en main.

Une deuxième raison pourrait être évoquée par Malachie, qui a prophétisé entre les chapitres 6 et 7 du livre d’Esdras. Malachie 2:11 mentionne des hommes qui divorçaient de la femme de leur jeunesse pour en épouser une autre à la place.

Cette interdiction n’était pas due à une différence de race, car Moïse avait épousé une Kushite et Ruth était moabite. De même, les Araméens et les Élamites étaient eux aussi des Sémites, mais le problème venait du fait qu’ils adoraient un autre dieu. C’est peut-être pour cette raison que chaque mariage devait faire l’objet d’une enquête. Si une femme s’était convertie au judaïsme, comme Ruth, elle était alors considérée comme juive et autorisée à rester. C’est pourquoi il a fallu trois mois entiers pour examiner les cas de ces mariages.

Il est triste de voir ces hommes. Ils avaient bien commencé en renonçant au confort de leurs lieux de vie en Mésopotamie et en Perse, et en obéissant à l’appel de retourner à Jérusalem. Mais ils n’ont pas bien fini. Après leur retour, lorsqu’ils épousèrent leurs femmes païennes, les enfants grandissaient soit en apprenant à adorer les dieux païens, soit, à tout le moins, en apprenant qu’il n’importait pas vraiment quels dieux on adorait.

Mais pourquoi les enfants partaient-ils avec leurs mères ? Dans la culture juive comme dans la culture babylonienne, lorsqu’un mariage se terminait par un divorce, les enfants restaient avec leur mère. Selon l’article 137 du Code d’Hammurabi, les enfants devaient avoir atteint l’âge adulte avant que la femme divorcée puisse se remarier.

Q : Dans Esdras 9, 3 ; Nombres 14, 6 ; Josué 7, 6 ; Esther 4, 1 ; Job 1, 20 ; Ésaïe 36, 22 ; Jérémie 41, 5 ; et Matthieu 26, 65, que signifie le fait qu’un Juif déchire ses vêtements ?

R : Au départ, Esdras était peut-être très heureux de retourner à Jérusalem, mais sa joie fut de courte durée et la situation devint douloureuse. Se déchirer les vêtements était un signe coutumier de grand chagrin, de détresse ou de blasphème. Cela abîme les vêtements de telle sorte qu’ils ne peuvent plus être raccommodés ; on ne le fait donc que pour des événements considérés comme extrêmement graves. Lorsque Job a perdu ses enfants, sa fortune et tout le reste, il a déchiré ses vêtements. Esdras considérait ce problème comme étant d’une gravité similaire.

Q : Dans Esdras 9, 3-10, quelle était exactement la gravité de ce compromis ?

R : Ce compromis ne constituait pas un rejet pur et simple de Dieu, mais un mélange entre la volonté de suivre Dieu et le fait de continuer à commettre le péché consistant à se marier en dehors de la foi. Esdras considéra cela comme si grave qu’il déchira ses vêtements. Esdras pria et jeûna toute la journée avant de répondre. Dans Esdras 9:6, Esdras éprouvait de la honte devant Dieu face à ce que ces autres personnes avaient fait. Esdras et les autres dirigeants avaient travaillé si dur pour guider le peuple vers un culte approprié et l’obéissance à Dieu, et pourtant, un certain nombre d’entre eux avaient fait volte-face et agi ainsi.

Esdras constatait que ce compromis avec les dieux païens avait égaré Israël et Juda depuis l’époque des Juges jusqu’à l’exil, et il voyait maintenant l’histoire sur le point de se répéter. Esdras était déterminé à briser ce cercle vicieux.

Q : D’après Esdras 9, 3-10 et 1 Corinthiens 7, 10-16, un chrétien peut-il aujourd’hui épouser un non-chrétien ?

R : Non. 2 Corinthiens 6, 14-18 montre que nous ne devons pas nous mettre sous le joug avec des non-croyants. Mais si vous vous êtes marié(e) avec un(e) non-chrétien(ne), soit parce que vous êtes devenu(e) chrétien(ne) après le mariage, soit à cause de votre péché, 1 Corinthiens 7:10-16 précise que vous ne devez pas demander le divorce. Si le conjoint demande le divorce, cela est acceptable ; nous sommes appelés à la paix, comme l’indique 1 Corinthiens 7:15. Mais nous ne devons pas être à l’origine du divorce.

Si l’un des conjoints est décédé, il est permis de se remarier, mais ce mariage doit tout de même être dans le Seigneur (1 Corinthiens 7, 39).

Paul recommande et encourage même les jeunes veuves à se remarier dans 1 Timothée 5, 14. Ceux qui pensent qu’il faut dissuader les veuves de se remarier vont à l’encontre de ce que Dieu a enseigné par l’intermédiaire de l’apôtre Paul (désolé, Jérôme). Un ancien ou un diacre doit être « marié à une seule femme », selon 1 Timothée 3:2, 12. Les veuves qui sont prises en charge par l’Église ne doivent pas s’être remariées, selon 1 Timothée 5:9.

Q : Dans Esdras 9, 3-10, comment se fait-il que certains membres de l’Église puissent commencer très bien et finir très mal ?

R : Esdras 9-10 constitue une triste conclusion à un livre par ailleurs joyeux. Koré, Acan, Gédéon, Judas, Ananias et Saphira, Démas : tous ont bien commencé et ont mal fini. Démas n’était pas obligé de se porter volontaire pour accompagner Paul dans son voyage missionnaire, mais il l’a fait de manière admirable. Puis, il a aimé le monde et s’est détourné. Les gens peuvent suivre Dieu pendant un certain temps, mais s’en détourner s’ils ont l’impression que Dieu n’a pas répondu à leurs attentes, s’ils ont une racine d’amertume, ou si leur foi est ébranlée par l’hypocrisie qu’ils observent chez certains autres.

Q : Dans Esdras 9, 3-10, comment devons-nous réagir lorsque nous découvrons qu’un croyant a commis un péché grave ?

R : Ne vous empressez pas de dire : « Ce n’est pas grave, Dieu est très satisfait de toi, peu importe à quel point tu te rebelles et profanes son Saint Nom. » En fait, ne donnez jamais cette impression. C’est très grave, non seulement pour le croyant, mais aussi pour les autres, chrétiens ou non, qui voient le témoignage de ce croyant. Nous devons nous en affliger et essayer d’amener cette personne à la repentance.

Notez qu’Esdras était affligé et avait honte, bien qu’il n’ait pas commis lui-même ces fautes. Mais il était attristé que le peuple de Dieu ait agi ainsi, et collectivement, il faisait partie du peuple de Dieu.

Q : Dans Esdras 10, 2-3, qu’a fait Esdras ?

R : Esdras, avec beaucoup de sagesse, n’a rien fait. Ce qu’il fallait faire était tout à fait clair. Esdras pleurait et s’inclinait devant Dieu, laissant le peuple tirer la conclusion évidente quant à ce qu’il devait faire.

Q : Dans Esdras 10, 11, 19 et 44, Esdras a-t-il eu tort de forcer les hommes juifs à divorcer de leurs épouses non juives, comme l’affirme le *Guide de la Bible* d’Asimov, p. 452 ?

R : Non. Ils savaient qu’ils avaient eu tort d’épouser ces femmes païennes, et le divorce était autorisé dans l’Ancien Testament. À cette époque, les Juifs menaient le « combat de leur vie » pour préserver leur religion et leur culture de la disparition due à l’assimilation.

De plus, bien que cela contredise l’enseignement de Paul dans 1 Corinthiens 7:12, Paul n’était pas encore né, et les règles matrimoniales applicables à tous après la venue de Jésus diffèrent des règles antérieures qui s’appliquaient aux Juifs à l’époque de l’Ancien Testament.

Q : Dans Esdras 10:12, y a-t-il des choses que d’autres personnes vous disent que vous devriez faire, et pour lesquelles vous ne voyez aucune conséquence néfaste à les faire, mais que vous ne ferez pas parce que vous savez que vous êtes mis à part en tant qu’enfant de Dieu ?

R : Il peut s’agir de faire la fête, d’avoir des relations sexuelles hors mariage, de s’enivrer, de consommer des drogues ou de commettre d’autres actes mauvais que d’autres pensent pouvoir commettre en toute impunité, et pensent que vous le pouvez aussi. Peut-être pouvez-vous vous en tirer à bon compte, du moins jusqu’à la fin de cette vie. Mais si vous prenez conscience de qui vous êtes, un enfant de Dieu, vous ne ferez pas ces choses, tout simplement parce que vous n’en aurez pas envie, car vous souhaitez plaire à votre Seigneur.

Q : Dans Esdras 10:44, qu’y a-t-il d’intéressant dans ces chiffres ?

R : Au total, environ 111 hommes, soit 0,4 %, sur les 28 774 avaient contracté un mariage mixte. Mais parmi les Lévites, 6 sur 74, soit 8,1 %, et 3 sur 139, soit 2,2 %, des portiers avaient contracté un mariage mixte. Ainsi, les Lévites (mais pas les prêtres) et les portiers présentaient un nombre disproportionné de mariages mixtes. Une explication plausible est qu’à l’origine, Esdras n’avait pas de Lévites. Il s’est donc arrêté à Casiphia et a persuadé certains Lévites de le rejoindre. Peut-être n’étaient-ils pas très disposés à le faire au départ, et nous ne savons pas s’ils avaient épousé ces femmes étrangères avant ou après leur retour en Juda. Quoi qu’il en soit, ceux qui connaissaient le mieux la loi étaient ceux qui avaient le plus de conjoints païens.

D’un autre côté, les anciens examinaient chaque mariage. Si l’épouse s’était convertie au judaïsme, elle aurait alors été considérée comme juive et cela n’aurait posé aucun problème.

Bien que les hommes aient alors répudié leurs épouses non croyantes, Néhémie dut par la suite faire face à la même situation, comme le rapporte Néhémie 10:31.

Q : Dans le livre d’Esdras, quels sont certains des manuscrits les plus anciens qui existent encore aujourd’hui ?

R : Les manuscrits de la mer Morte : (vers 1 av. J.-C.) 1 exemplaire d’Esdras-Néhémie (4Q117). Il s’agissait d’un petit fragment. (Émission de radio « Issues etc. », 17 avril 1999)

Le 4Q117 se compose de trois fragments d’Esdras 4:2-6 (en hébreu) ; 4:9-11 (en araméen) ;5:17 -6:5 (en araméen). Au total, 50 mots, en entier ou en partie.

Au total, les manuscrits de la mer Morte ont permis de préserver les 14 versets suivants sur les 280 que compte le livre d’Esdras (5 %).

Esdras 4:2-6, 9-11 ;5:17 ; 6:1-5. Voir *The Meaning of the Dead Sea Scrolls*, p. 423, pour plus de détails.

Les manuscrits chrétiens de la Bible, datant d’environ 350 apr. J.-C., contiennent l’Ancien Testament, y compris le livre d’Esdras.

Le Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) a conservé l’intégralité du livre d’Esdras.

Le Sinaiticus (340-350 apr. J.-C.) a conservé l’intégralité du livre d’Esdras à partir d’Esdras 9:9.

Le manuscrit Alexandrinus (vers 450 apr. J.-C.) a conservé l’intégralité du livre d’Esdras.

Q : Quels auteurs anciens ont fait référence à Esdras ?

R : Le seul auteur chrétien pré-nicéen à avoir fait référence ou allusion à des versets d’Esdras est Origène (225-254 apr. J.-C.), qui y a fait allusion. Il a déclaré : « Mais quelqu’un d’autre dira que le temple dont il est question n’était pas celui construit par Salomon, car celui-ci fut détruit à l’époque de la captivité, mais le temple construit à l’époque d’Esdras, pour lequel on peut démontrer que les quarante-six ans sont tout à fait exacts. » Commentaire d’Origène sur Jean, livre 10, chapitre 22, p. 403.

Après Nicée

Eusèbe de Césarée (318-339/340 apr. J.-C.)

Athanase (367, 325-373 apr. J.-C.)

Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.)

Grégoire de Nazianze (330-391 apr. J.-C.) mentionne Esdras dans son poème sur les Écritures. Le poème de Grégoire figure (en grec) dans le volume 37 de la Patrologia Graeca de Migne, colonnes 471-474 (Carmina Dogmatica, livre 1, section 1, Carmen XII).

Pacien de Barcelone (342-379/392 apr. J.-C.) fait allusion à Esdras.

Épiphane de Salamine (implicite) (360-403 apr. J.-C.)

Rufin (374-406 apr. J.-C.)

Jean Chrysostome (-407 apr. J.-C.) cite le livre d'Esdras

Concile de Carthage (219 évêques) (393-419 apr. J.-C.)

Sulpice Sévère (363-420 apr. J.-C.)

Jérôme (373-420 apr. J.-C.) traite des livres de l’Ancien Testament. Il aborde plus particulièrement la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, le Pentateuque, Job, Jésus fils de Nave [Josué], les Juges, Ruth, Samuel, les Rois (2 livres), les douze prophètes, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esther, Esdras, Néhémie. Lettre 53, chapitres 7-8, p. 99-101.

Le pape Léon Ier de Rome (440-460 apr. J.-C.) fait allusion à Esdras.

Q : Dans le livre d’Esdras, quelles sont certaines des différences de traduction entre l’hébreu/l’araméen et la Septante grecque ?

R : Voici quelques-unes de ces différences de traduction, qui portent principalement sur Esdras 2 ; le texte hébreu/araméen est donné en premier, suivi du texte grec.

Esdras 2:1 « les fils de la province qui étaient montés de la captivité, parmi ceux qui avaient été exilés » vs « les gens du pays qui étaient montés, parmi le nombre de ceux qui avaient été emmenés en captivité »

Esdras 2:2 « parmi les hommes du peuple » vs « parmi le peuple »

Les 52 nombres (167 chiffres en anglais) d’Esdras 2:3-69 en hébreu et dans la Septante grecque correspondent exactement, à l’exception de :

Esd2:24 : « 42 » contre « 43 »

Esd2:39 : « 1 017 » contre « 1 007 »

(Deux erreurs sur 52 nombres représentent environ 4 % de différence, soit deux chiffres sur 167, ce qui correspond à 1 % de différence.)

Ezr2:25 « Kiriath Arim » contre « Kiriath Jearim » (Nous connaissons un Kiriath Jearim, mais pas de Kiriath Arim ; Arim est donc probablement une faute de frappe)

Esdras4:23 : « forcer à s’arrêter » vs « forcer à s’arrêter avec des chevaux et une force [armée] ».

Bibliographie relative à cette question : la traduction hébraïque est tirée de la « Literal Translation » de Jay P. Green et la version de la Septante provient de la traduction de Sir Lancelot C.L. Brenton intitulée « The Septuagint : Greek and English ». Le « Expositor’s Bible Commentary » ainsi que les notes de bas de page des Bibles NASB, NIV 1985, NKJV et NRSV ont également été utilisés.

Sauf indication contraire, les citations bibliques sont tirées de *The Holy Bible, Berean Standard Bible* (BSB), qui a été placée dans le domaine public : https://berean.bible